À Blaton, dans la commune de Bernissart, l’élevage de chiens exploité par la société Berria SRL ne pourra pas obtenir le permis d’environnement demandé. Après le rejet du dossier par le Collège communal de Bernissart, puis l’avis défavorable du fonctionnaire du SPW, le recours introduit par l’entreprise a à son tour été refusé par le ministre wallon de l’Environnement, Yves Coppieters.
La décision intervient au terme d’une procédure suivie de près par les riverains. L’enquête publique avait donné lieu à des centaines de réclamations ainsi qu’à une pétition. Le dossier concernait une demande de régularisation et de permis pour un établissement présenté comme un élevage « intensif », connu également sous le nom de Happy Dogs. La société, dont le siège est situé à Molenbeek-Saint-Jean, avait la possibilité de contester la première décision communale par un recours, ce qu’elle a fait.
Le bruit au centre de l’examen
Dans le cadre de ce recours, la Cellule bruit a été à nouveau consultée. Son avis est resté défavorable, notamment en raison des conditions de garde et du nombre d’animaux hébergés : 37 chiens. L’administration estime que la présence simultanée de nombreux chiens fait peser un risque important de nuisances sonores. Le Fonctionnaire technique compétent sur recours a suivi cette analyse.
« Au vu des conditions de garde et du nombre important de chiens hébergés (37), le risque d’aboiements simultanés ou en cascade est significatif. »
Cette appréciation écarte, dans le cas présent, l’hypothèse selon laquelle un chien aboierait environ 2 % du temps. Selon le chef de cabinet adjoint du ministre, cette référence ne peut pas être appliquée à l’établissement concerné, compte tenu du fonctionnement envisagé. Le dossier a donc été examiné non seulement à partir du comportement individuel des animaux, mais aussi de l’effet que pourrait produire leur présence collective.
Une absence humaine jugée problématique
La question de la surveillance a également pesé dans la décision. Le Fonctionnaire technique compétent sur recours a considéré que l’absence de toute présence humaine pendant 12 heures par jour ne permettait pas d’encadrer valablement le comportement des chiens. Ce point s’ajoute à l’analyse consacrée au bruit et aux conditions dans lesquelles les animaux étaient gardés.
- Collège communal de Bernissart : avis défavorable en juin dernier ;
- Fonctionnaire du SPW : position défavorable confirmée ;
- Cellule bruit : nouveau refus dans le cadre du recours ;
- Ministre wallon de l’Environnement : permis d’environnement refusé.
Depuis plusieurs années, des riverains, des associations et des défenseurs de la cause animale, parmi lesquels GAIA et l’Union Wallonne pour la Protection Animale (UWPA), dénoncent le fonctionnement de cette exploitation. Leurs critiques portent sur plusieurs aspects du dossier : le bien-être des bergers australiens et des mini-Aussies, les nuisances sonores ainsi que la situation administrative de l’établissement.
| Élément du dossier | Information rapportée |
|---|---|
| Lieu | Blaton, commune de Bernissart |
| Exploitant | Berria SRL |
| Nombre de chiens | 37 |
| Décision finale | Refus du permis d’environnement |
Le refus prononcé par Yves Coppieters clôt cette étape de la procédure concernant la demande de régularisation et de permis d’environnement. Il repose sur les avis défavorables rendus au cours de l’instruction, en particulier sur le risque d’aboiements simultanés et sur l’absence de présence humaine durant une partie importante de la journée. À Blaton, le dossier de l’élevage reste ainsi associé à une question de coexistence entre activité canine, conditions de garde et tranquillité du voisinage.