Food & Boissons

Le « no-show » fragilise les restaurants à Bruxelles et en Wallonie

Les réservations non honorées se multiplient dans l’horeca belge. Des restaurateurs instaurent des suppléments ou partagent une liste de clients bannis pour limiter les tables laissées vides.

Le « no-show » fragilise les restaurants à Bruxelles et en Wallonie
©Illustration IA Gaëtan Mahieu / rectoversomagazine.com

Réserver une table puis ne pas se présenter, sans prévenir l’établissement, est devenu un problème récurrent pour l’horeca belge. Ce comportement, couramment appelé « no-show », prive les restaurants de places qui auraient pu être attribuées à d’autres clients et complique la gestion des services. D’après des données communiquées par Zenchef, plateforme de réservation active en Belgique, les désistements ont progressé de 40 % entre 2022 et 2025. La hausse la plus marquée aurait été observée au cours de la dernière année de cette période, tandis que les chiffres de 2026 confirmeraient la tendance, rapporte La Libre.

Des tables immobilisées, parfois chaque soir

Pour les établissements qui affichent régulièrement complet, l’absence de clients ne se limite pas à un désagrément organisationnel. Une table réservée reste indisponible pour d’autres personnes jusqu’au moment du service, alors même que la réservation peut ne jamais être honorée. Le restaurateur doit également composer avec les appels de clients placés sur liste d’attente, auxquels il a parfois refusé une place en pensant son établissement complet.

Philippe Limbourg, directeur du restaurant Gueuleton à Woluwe-Saint-Pierre, a récemment dénoncé cette situation sur les réseaux sociaux. Interrogé par La Libre, l’ancien patron du Gault & Millau Benelux indique subir au minimum une table non honorée par jour, principalement le soir. Le phénomène peut concerner des groupes de deux à dix personnes.

« Mercredi dernier, on était complet. 30 personnes figuraient sur la liste d’attente, j’ai dû en refuser 25 au téléphone, alors qu’une table de cinq n’est jamais venue », explique Philippe Limbourg, cité par La Libre.

Suppléments et bannissements pour limiter les absences

Face à cette répétition, certains professionnels adaptent leurs conditions de réservation. Des suppléments sont désormais ajoutés à l’addition dans plusieurs établissements, une mesure que des restaurateurs justifient par les pertes occasionnées lorsqu’un groupe ne vient pas. Dans le cas évoqué par Philippe Limbourg, cinq couverts non occupés représenteraient facilement 500 euros, selon son estimation. Le responsable précise aussi que ces absences peuvent rendre plus difficile le paiement du personnel.

Le restaurant Gueuleton a par ailleurs constitué une liste de clients considérés comme indésirables. Les personnes qui ont bloqué une table sans répondre aux sollicitations de l’établissement et sans se présenter ne peuvent plus y réserver. Selon La Libre, cette liste de clients bannis circule entre certains restaurants, à Bruxelles comme en Wallonie.

Un phénomène qui pèse sur toute la chaîne de réservation

Les chiffres cités par le quotidien belge montrent que le sujet dépasse les seuls cas isolés. La progression relevée par Zenchef concerne le fonctionnement même des réservations : un établissement doit anticiper les absences, relancer les clients, gérer les listes d’attente et décider jusqu’où il peut accepter de nouvelles demandes. Pour les restaurants à forte fréquentation, chaque table laissée vide réduit mécaniquement la capacité du service du soir.

ÉlémentDonnée rapportée
Évolution des désistements+40 % entre 2022 et 2025
Établissement citéGueuleton, à Woluwe-Saint-Pierre
Absence signaléeAu moins une table par jour, surtout le soir

Pour les clients, une réservation non honorée peut donc avoir des conséquences au-delà de la table concernée : elle contribue à réduire les possibilités offertes aux personnes qui cherchent réellement à dîner dans l’établissement. Pour les restaurateurs, le « no-show » devient un enjeu quotidien de capacité, de personnel et de rentabilité, dans un secteur où les marges de manœuvre restent limitées.

  • Les désistements auraient augmenté de 40 % entre 2022 et 2025, selon Zenchef.
  • Le phénomène est rapporté à Bruxelles et en Wallonie.
  • Certains restaurants recourent à des suppléments ou à des listes de clients bannis.
Gaëtan Mahieu
Gaëtan IA Journaliste Food & Boissons en ligne

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