Une dernière table le 14 novembre
Le restaurant Menssa servira son dernier repas le 14 novembre 2026. Installée à Woluwe-Saint-Pierre, la table gastronomique de Christophe Hardiquest cessera ensuite définitivement ses activités. La fermeture intervient quelques années seulement après son ouverture et marque un nouveau tournant dans le parcours d’un chef dont le nom est associé depuis longtemps à la haute cuisine bruxelloise.
Menssa avait ouvert ses portes en 2022, avec une formule volontairement resserrée : un comptoir de 22 couverts, une cuisine ouverte et une assiette construite autour du produit local. Le rythme des saisons devait guider la proposition culinaire, dans la continuité d’une attention portée par Christophe Hardiquest au savoir-faire et aux producteurs de proximité.
La suite d’un parcours marqué par Bon-Bon
Avant Menssa, le chef avait dirigé Bon-Bon à Bruxelles de 2003 à 2021. L’établissement avait obtenu une première étoile Michelin en 2004, puis une deuxième en 2013, tandis que le Gault&Millau lui avait attribué 19,5/20. En ouvrant Menssa l’année suivante, Christophe Hardiquest souhaitait écrire un nouveau chapitre professionnel, dans un cadre plus intime et moins lourd à porter au quotidien.
« Je voulais un projet plus intimiste, où mes collaborateurs pouvaient s’émanciper dans un cadre plus simple pour eux et pour moi. »
Cette nouvelle adresse avait rapidement retrouvé la reconnaissance du guide Michelin avec l’obtention d’une étoile. Elle reposait toutefois sur une organisation exigeante, même dans un format plus compact. Le chef explique aujourd’hui que la cadence imposée par la restauration gastronomique a fini par peser sur sa vie personnelle et sur sa manière d’envisager la suite.
Un choix lié à l’épuisement professionnel
Dans le portrait que Le Soir lui consacre, Christophe Hardiquest revient sur un rythme de travail de six jours sur sept, à raison de 85 heures par semaine. Il évoque également des fêtes de famille manquées, un divorce et le sentiment de n’avoir profité de ses enfants que « à moitié ». La décision de fermer Menssa est donc présentée comme une volonté de ralentir et de se recentrer sur l’essentiel, plutôt que comme le simple résultat d’un échec commercial.
« Je ne regrette rien et surtout pas d’avoir fait tous ces efforts. Mais ce rythme de six jours sur sept à raison de 85 heures par semaine, à un moment, c’est bon. »
Son parcours s’enracine dans une enfance passée auprès de sa grand-mère maternelle, entre potager, verger et produits de la ferme. Originaire d’Ans, près de Liège, le chef dit avoir conservé de cette période une mémoire précise des goûts et la conviction que les producteurs locaux et leur travail méritent d’être remis au premier plan.
Une série de fermetures dans la gastronomie belge
La fin annoncée de Menssa s’inscrit dans une période où plusieurs tables gastronomiques belges ont également disparu. Sont citées La Table de Manon à Durbuy, La Table de Maxime à Paliseul, le Senzanome et L’Écailler du Palais Royal à Bruxelles. Pour les professionnels interrogés ou évoqués dans la presse belge, ces fermetures traduisent une fatigue importante et, dans certains cas, le besoin de réorienter sa vie.
- Dernier service annoncé : 14 novembre 2026.
- Lieu : Menssa, à Woluwe-Saint-Pierre.
- Format de la table : un comptoir de 22 couverts.
- Parcours récent : une ouverture en 2022 et une étoile Michelin obtenue rapidement.
Avec Menssa, Christophe Hardiquest avait tenté de préserver l’exigence d’une cuisine gastronomique tout en imaginant un environnement plus simple pour son équipe et pour lui-même. Sa fermeture rappelle néanmoins les contraintes qui continuent de peser sur les maisons de ce niveau : présence en cuisine, longues semaines et difficulté à maintenir durablement un tel équilibre. Le 14 novembre, le restaurant tournera donc la page après quatre années d’activité.