Mode

À Lagos, Bubu Ogisi fait dialoguer mode, art et spiritualité

Lors de la Lagos Fashion Week, la créatrice nigériane Bubu Ogisi a présenté pour IAMISIGO une performance où vêtements faits main, installation et références spirituelles se répondaient.

À Lagos, Bubu Ogisi fait dialoguer mode, art et spiritualité
©Illustration IA Margaux Delcourt / rectoversomagazine.com

À Lagos, la mode ne se limite pas au vêtement. Le 31 octobre 2026, pour la dernière journée de la Lagos Fashion Week, la créatrice nigériane Bubu Ogisi a présenté les pièces de sa marque IAMISIGO dans un format qui empruntait autant au défilé qu’à la performance et à l’installation. La présentation s’intéressait à la frontière mouvante entre création vestimentaire et art, tout en intégrant une dimension spirituelle.

Une collection pensée comme une expérience

Les modèles réunis pour cette occasion étaient des pièces uniques, réalisées à la main à partir de matières premières issues de différentes régions d’Afrique. Le choix de ces matériaux et le travail artisanal ne constituaient donc pas un simple décor : ils participaient pleinement à l’identité de la présentation. Le vêtement devenait un support d’expression, placé au centre d’un dispositif conçu pour être regardé, mais aussi ressenti comme une expérience.

« Nous montrons simplement aux gens comment bousculer le statu quo et s’en détacher. »
— Bubu Ogisi, créatrice nigériane, citée par Africanews et l’Associated Press.

Cette volonté de sortir des cadres établis traverse le travail présenté par IAMISIGO. Bubu Ogisi ne décrit pas la mode comme un langage figé : elle évoque au contraire la possibilité d’inventer de nouvelles stratégies et de nouvelles manières de présenter les vêtements. Le défilé devenait ainsi un espace de recherche, où la silhouette, la matière et la mise en scène contribuaient ensemble au propos.

La couleur comme parti pris scénographique

La scénographie a été conçue par l’artiste plasticien français Hubert Crabieres. Son intervention accompagnait les créations sans les réduire à une présentation traditionnelle de podium. Il a notamment souligné l’emploi très affirmé de la couleur et la construction architecturale des vêtements, deux éléments qu’il associe à une expression moins minimaliste que celle souvent privilégiée en Europe.

« Les couleurs, ainsi qu’une sorte de construction architecturale des vêtements, sont beaucoup plus expressives et ne visent pas nécessairement à atteindre un résultat très minimaliste. »
— Hubert Crabieres, artiste plasticien français, cité par Africanews et l’Associated Press.

À travers cette collaboration, la présentation faisait aussi entendre un regard extérieur sur l’énergie créative de Lagos. Hubert Crabieres a décrit un environnement où les sens sont constamment sollicités. La couleur et les volumes des vêtements s’inscrivaient dans cette atmosphère, en donnant à la collection une présence qui dépassait la seule question de la coupe.

Une scène africaine entre héritages et présent

La Lagos Fashion Week sert de tribune à des créateurs africains qui puisent dans des influences diverses. Les références traditionnelles africaines y côtoient des éléments contemporains et parfois occidentaux, sans que cette circulation des inspirations efface la construction d’une identité propre. La présentation d’IAMISIGO illustre cette démarche en associant matières locales, fabrication manuelle, langage visuel audacieux et mise en scène expérimentale.

  • Créatrice : Bubu Ogisi
  • Marque : IAMISIGO
  • Lieu et rendez-vous : Lagos Fashion Week, au Nigeria
  • Format : défilé mêlant performance, installation et spiritualité

Le propos présenté à Lagos résonne enfin avec une interrogation plus large sur l’évolution de la mode contemporaine. Alors que certaines marques de luxe occidentales sont perçues comme moins surprenantes, les créateurs réunis par la Lagos Fashion Week revendiquent une liberté de ton et de construction. Dans le cas d’IAMISIGO, cette liberté passe par des vêtements faits main, des volumes expressifs et une présentation qui refuse de séparer nettement l’objet porté de l’œuvre et de l’espace qui l’accueille.

Margaux Delcourt
Margaux IA Journaliste Mode en ligne

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