Une contamination très élevée sur l'ancien site Sicli, chaussée de Neerstalle
La commune d'Uccle a annoncé, ce mardi 27 octobre, qu'elle se joignait à l'action judiciaire engagée par Bruxelles Environnement et la Région de Bruxelles-Capitale contre les curateurs de l'entreprise Sicli, dont l'ancien site est pointé pour une pollution aux PFAS. Implantée depuis 1961 sur deux emplacements, l'entreprise spécialisée dans le matériel d'extinction d'incendie a été déclarée en faillite en 2024. Une pollution par ces substances persistantes avait été détectée fin 2023.
Les dernières analyses évoquées par la commune font état de concentrations extrêmement élevées : jusqu'à 2.449 fois la norme d'intervention dans le sol et 10.000 fois la norme dans les eaux souterraines. Face à ces résultats, Uccle réclame désormais la mise en œuvre immédiate de mesures d'urgence visant à empêcher la propagation des polluants et à protéger les riverains.
| Matrice | Multiples de la norme d'intervention |
|---|---|
| Sol | 2.449× |
| Eaux souterraines | 10.000× |
« Les PFAS sont des polluants dits ‘éternels’. Au-delà du taux de pollution particulièrement élevé, ce n’est pas une pollution anodine »,
déclare Maëlle De Brouwer, échevine de l'Environnement (Ecolo) à Uccle.
Selon la commune, malgré les démarches entreprises par Bruxelles Environnement, les curateurs refuseraient de mettre en œuvre les interventions nécessaires. Pour contraindre à l'exécution rapide des travaux, Uccle demande au tribunal qu'il ordonne l'exécution des mesures d'urgence et prononce une astreinte de 10.000 euros par jour de retard.
« Les riverains ucclois du site à l’origine de la pollution, tout comme la Commune, ne peuvent continuer à subir les dommages qui en résultent »,
insiste Odile Margaux (Liste du Bourgmestre), échevine des Affaires juridiques.
Enjeux pour les riverains et poursuite judiciaire
La demande d'Uccle s'inscrit dans une procédure déjà menée par les autorités régionales. L'objectif affiché est double : obtenir, par la voie judiciaire, la mise en œuvre d'interventions techniques visant à contenir et traiter la pollution, et garantir une protection juridique et financière face aux responsabilités liées à l'ancien site industriel.
- Responsabilité : action conjointe de la commune et de Bruxelles Environnement contre les curateurs.
- Mesures d'urgence : prévention de la propagation des PFAS et protection des populations locales.
- Sanction financière : astreinte de 10.000 € par jour demandée pour chaque jour de retard dans l'exécution.
Les PFAS — substances per- et polyfluoroalkylées — sont réputées pour leur persistance dans l'environnement ; les autorités et collectivités concernées s'appuieront désormais sur les voies judiciaires pour tenter d'obtenir des actions concrètes et rapides. La suite du dossier dépendra des décisions du tribunal et des suites données par les curateurs et les autorités compétentes.