À la Galerie Downtown Laffanour, à Paris, le mobilier Shaker se découvre comme un ensemble de pièces à la fois domestiques, historiques et profondément dessinées. Présentée sous le titre My Barn Sale, ou « Mon vide-grenier », l’exposition rassemble jusqu’au 14 novembre 2026 environ quarante meubles et objets liés à la maison de cette communauté américaine rigoriste.
Des formes simples, façonnées pour la vie quotidienne
Le parcours s’intéresse à un mobilier dont les lignes dépouillées ont marqué l’histoire du design. Ici, pas de démonstration décorative : les objets semblent porter la trace d’un usage, d’un geste et d’un environnement domestique. Le mobilier Shaker n’est pas présenté comme une collection de silhouettes isolées, mais comme le reflet d’un art de vivre organisé autour de la maison et de ses usages.
Parmi les pièces exposées figure un rocking-chair dont le cannage est resté intact. D’après sa légende, il se balançait déjà vers 1850 dans le village Shaker de Canterbury, dans le New Hampshire. Son état de conservation impose toutefois de le regarder davantage que de l’utiliser. Cette tension entre objet fonctionnel et pièce patrimoniale traverse l’exposition.
« Il est plus à contempler qu’à vivre », explique Philippe Ségalot, marchand de meubles et collectionneur, à propos de ce rocking-chair.
Un mobilier replacé dans son décor
Philippe Ségalot a découvert le siège avant de le réunir avec d’autres éléments conservés dans l’ancienne grange où il vivait à Ancramdale, dans l’État de New York. Le lieu avait été restauré puis aménagé avec des meubles primitifs américains des XVIIIe et XIXe siècles. Cette histoire donne à l’exposition une dimension particulière : les objets ne sont pas seulement montrés pour leur dessin, mais aussi pour la relation qu’ils entretiennent avec un espace habité.
Un second siège présenté à proximité ouvre un autre dialogue. Plus jeune, plus robuste et davantage rembourré, il n’est pas Shaker, mais ses lignes simples peuvent évoquer, selon Philippe Ségalot, certaines créations de Ray et Charles Eames. La comparaison ne gomme pas les différences entre les deux univers ; elle souligne plutôt la persistance d’une recherche formelle fondée sur la lisibilité, la sobriété et le confort.
Une exposition entre patrimoine et regard contemporain
Le choix de réunir ces meubles et objets dans une galerie de design permet de les observer à plusieurs niveaux. Ils témoignent d’une communauté américaine et de son organisation domestique, tout en faisant apparaître des questions toujours actuelles pour l’aménagement intérieur : comment un meuble accompagne-t-il les gestes du quotidien ? À partir de quel moment devient-il une pièce à préserver ? Et que reste-t-il de sa fonction lorsqu’il entre dans une collection ?
- Environ 40 pièces sont réunies dans l’exposition.
- Le rocking-chair le plus ancien est associé au village Shaker de Canterbury, dans le New Hampshire.
- La présentation se poursuit à la Galerie Downtown Laffanour jusqu’au 14 novembre 2026.
À travers ces objets, My Barn Sale fait ainsi apparaître une maison américaine où la simplicité n’est pas un effet de style, mais une manière de penser les meubles, leur place et leur durée. Le visiteur est invité à regarder ces pièces avec le recul dû aux objets anciens, tout en mesurant ce qui, dans leurs proportions et leur sobriété, continue de nourrir l’histoire du design.
| Exposition | Lieu | Fin annoncée |
|---|---|---|
| My Barn Sale | Galerie Downtown Laffanour, Paris | 14 novembre 2026 |