Quand un problème de plomberie révèle vingt‑cinq siècles d'histoire
Au début des années 2000, Luciano Faggiano, propriétaire d'une maison dans le centre historique de Lecce (Pouilles, Italie), ouvrait le sol pour remplacer une canalisation obstruée. Ce qui devait rester une intervention de plomberie a rapidement pris une tout autre dimension : en creusant, des pierres taillées et des structures anciennes ont émergé, révélant des strates historiques insoupçonnées sous l'habitation familiale.
Plutôt que d'abandonner le chantier, Luciano et ses trois fils — Marco, Andrea et Davide — ont poursuivi les travaux. Ils ont fouillé pendant sept ans, finançant la totalité des opérations sans subvention publique, et sous la supervision de la Surintendance archéologique de Tarente, appelée à intervenir lorsque des vestiges sont mis au jour.
Une stratigraphie urbaine mise à nu
Les couches retrouvées couvrent une très longue séquence chronologique : de l'Antiquité messapienne aux périodes romaine, médiévale et jusqu'à la Renaissance. Les découvertes ont conduit à la transformation du projet initial — une trattoria familiale — en un véritable site archéologique domestique. Le bâtiment de la via Ascanio Grandi s'est peu à peu mué en musée privé.
- Localisation : via Ascanio Grandi, centre historique de Lecce.
- Durée des fouilles : sept années de travaux menés par la famille Faggiano.
- Ouverture : le Museo Faggiano a été inauguré en 2008 pour présenter les découvertes.
Le récit du Museo Faggiano, tel que relaté par le musée lui‑même et repris par la presse spécialisée, illustre combien le sous‑sol des villes anciennes peut receler une succession de phases d'occupation et d'aménagements, parfois accessibles par des interventions inattendues comme une réparation sanitaire.
Un musée privé né d'une découverte familiale
Le Museo Faggiano expose aujourd'hui les vestiges dégagés durant ces années de fouilles familiales. Loin du modèle institutionnel classique, il témoigne d'une modalité de conservation et de mise en valeur du patrimoine conduite par des acteurs privés, en dialogue avec les autorités archéologiques compétentes. Selon le récit publié par le Museo Faggiano, la maison‑musée recompose ainsi une histoire locale visible in situ, de la vie domestique aux installations souterraines successives.
| Période | Type de vestiges |
|---|---|
| Antiquité messapienne | Structures et pierres taillées |
| Époque romaine | Aménagements et niveaux d'occupation |
| Moyen Âge — Renaissance | Réaménagements, couches d'occupation |
La transformation d'un projet de restauration d'habitation en site patrimonial illustre aussi les aléas de la conservation en milieu urbain : l'ouverture du sol révèle des responsabilités administratives et la nécessité d'une coordination avec la Surintendance archéologique locale, ici celle de Tarente.
Depuis son ouverture en 2008, le Museo Faggiano présente au public ces trouvailles particulières, offrant un parcours où chaque niveau archéologique raconte une époque de la ville. Le cas de Lecce rappelle que le patrimoine peut parfois surgir de façon imprévue — et que sa conservation peut, dans certains cas, naître d'une initiative privée, encadrée par les autorités compétentes.