Quatre projets distingués par l’Institut du monde arabe mettent en lumière un design à la croisée des savoir‑faire et du paysage
L’Institut du monde arabe (IMA) a remis en septembre les prix de sa 4e édition dédiée au design. Sous la présidence de l’architecte égyptienne Shahira Fahmy et avec la participation d’ELLE Décoration au sein du jury, la sélection récompense des créateurs qui associent innovation, mémoire locale et attention au contexte.
Parmi les projets cités par ELLE Décoration figurent des propositions aussi diverses que poétiques : des modules de mobilier imprimés en 3D et une initiative de relance d’un atelier de poterie traditionnel montrent combien le design s’appuie aujourd’hui sur des démarches sensibles au territoire et aux usages.
Lauréats présentés
- Aseel Alamoudi — prix « talent émergent » : architecte et artiste basée à Djeddah (Arabie saoudite), elle a développé la série Playformation : The Curve & The Dot lors d’une résidence du programme AlUla Design. Ces éléments, imprimés en 3D en poudre de quartz, évoquent les lignes géologiques des formations rocheuses locales et proposent un mobilier « de sable » à l’allure organique, destiné autant au jeu qu’au repos.
- Foukhar Studio — Christopher Ghoussoub — prix de l’impact : à 22 ans, Christopher Ghoussoub est présenté comme le dernier potier de Beit Chabab, village du Mont‑Liban qui comptait autrefois deux cents potiers. Son studio produit des pièces contemporaines en terres mêlées et terre cuite, fabrique des jarres traditionnelles et propose des visites pédagogiques ; l’ambition est d’agrandir l’atelier pour relancer plus largement ce savoir‑faire.
« concevoir des objets et laisser le contexte leur donner un sens. » — Aseel Alamoudi (traduction)
La démarche d’Alamoudi illustre la volonté de rapprocher création et paysage : ses modules « laissent » une part au milieu — ici le vent et le désert — pour parachever l’œuvre. Du côté du Liban, le projet de Foukhar Studio met en avant la dimension sociale et pédagogique du design : réactiver un métier local passe par la production d’objets, mais aussi par la transmission et l’accueil des publics.
Ce que ces prix disent du design aujourd’hui
La sélection de l’IMA met en relief plusieurs tendances : l’intérêt pour des matériaux locaux et peu transformés (poudre de quartz, terres), l’usage des technologies numériques (impression 3D) au service d’une esthétique organique, et la priorité donnée à des projets à impact territorial — qu’il soit social, éducatif ou patrimonial.
En distinguant à la fois une créatrice invitant au jeu dans le paysage et un atelier voulant relancer une filière artisanale, l’Institut du monde arabe propose une lecture du design qui dépasse l’objet isolé pour l’inscrire dans une chaîne d’usages, de mémoire et d’économie locale.
| Édition | Présidence du jury | Prix cités |
|---|---|---|
| 4e édition (2026) | Shahira Fahmy | Aseel Alamoudi (talent émergent) / Foukhar Studio — Christopher Ghoussoub (prix de l’impact) |
Les projets primés par l’IMA sont autant d’exemples pour les professionnels et amateurs de design en Europe et en Belgique : ils montrent comment la création contemporaine peut dialoguer avec le patrimoine matériel et immatériel, et comment des objets peuvent servir des politiques de relance locale et d’éducation au patrimoine.