Un soir chez Azzedine Alaïa

Beauty

Quand Azzedine reçoit pour le lancement de son premier parfum, c’est chez lui, avec son chef perso et ses amis. Et un peu de presse aussi. Souvenir d’une soirée.

Par Marie Hocepied. Photos Séphane Aït Ouarab & DR.

Azzedine Alaïa n’est pas un nez, mais il a le flair. Créateur de tous les temps, il est visionnaire.  Un grand (petit) monsieur qui habille -pour ne pas dire sublime- les femmes depuis ses débuts, à l’aube des années 80. Entrée, plat sur nappage blanc, grands crus, et musique andalouse le repas durant. Et comme une cerise sur le dessert, une Bianca Li qui danse et met littéralement le feu à l’assemblée. On pousse alors les tables, et c’est le maître aux yeux pétillants et ses amis proches – Carla Sozzani, Farida Khelfa, Jack Lang,…- qui envahissent la piste. Et bien sûr peu de minutes plus tard, suit la presse toujours sur la brèche. Et le jus alors? Si attendu, si convoité, il déambule porté tel le Saint Graal à bout de bras. Le décor est planté, mais pour en parler, c’est vers le nez Marie Salamagne que nous nous sommes tournés :

Si ce jus était...

Une rencontre? La nôtre! J’ai croisé Monsieur Alaïa une première fois il y a une dizaine d’années, c’était un moment particulier. J’étais très impressionnée par cet homme qui s’est révélé être très accessible. Mais bien sûr, j’ai vraiment fait sa connaissance tout au long du développement de son parfum. Nous nous sommes vus chaque mois, en comité de création chez lui. Ce qui m’a marquée, c’est qu’à l’issue de toutes nos séances, il nous invitait à sa table, et nous donnait ce sentiment d’être chez nous. C’est exceptionnel à vivre.

Une anecdote? C’est lui qui a trouvé la note de poivre rose de la formule. Elle correspondait exactement à ce qu’il avait en tête et son apport a réellement changé quelque chose dans notre cheminement olfactif.

Une fleur? Il est trop abstrait pour être une fleur. Ce serait plutôt une peau.

Une couleur? Plus un clair obscur qu’une couleur. Une sensation de contraste entre lumière et ombre.

Un pays? Définitivement pas un pays, mais un lieu. Ce parfum est l’essence de la rue de Moussy. Là où est née la femme Alaïa.

Une musique? Le rythme des castagnettes clair et mordant, avec un quatuor à cordes… C’est ce que j’entends ( rires)

Une gourmandise? Un chocolat 70 % cacao, à la fleur de sel de guérande.

Un film? L’allure, la stature, le glamour de Sophia Lauren dans à peu près tous les films italiens des années 50 qu’elle a pu tourner.

Un bouquin? Ce parfum ne m’évoque pas de livre, seulement des images. Des images de contraste, de clair obscur, de robes Alaïa !

Alaïa Paris, www.alaia.fr