Sur le bureau de Rodolphe Janssen

Art Office

Rodolphe Janssen, grand collectionneur d’art, galeriste émérite et enthousiaste sympa, nous parle de sa passion, de ses coups de coeur et autres petites habitudes de travail. Rencontre autour de son bureau atypique signé Willy Van der Meeren.

Interview Marie Hocepied. Photo Oskar.

Comment vouliez-vous concevoir votre bureau? Il se trouve sur le côté, juste à l’entrée de la galerie. Cela me permet de saluer les personnes que je connais, les collectionneurs, les artistes, les journalistes. Tout simplement, les visiteurs. Je trouve très important de garder cette promiscuité.

Et pour le choix précis de ce bureau? Il s’agit initialement d’une table de cuisine signée Willy Van der Meeren. Il est l’un des concepteurs belges de meubles les plus importants de l’après-guerre. Il avait un vif intérêt pour la construction et la production de masse.  On peut s’y attabler jusqu’à six personnes. Chaque semaine, j’essaie d’y partager un lunch avec mon équipe.

À première vue, vous êtes ordonné… Je suis plutôt désordonné de nature mais ordonné par conviction.

Ultra connecté ou tempéré?  Très connecté. Checker mon iPhone me prend un certain temps par jour. Je pense que l’avenir c’est l’hyperconnecté et/ou le papier. Selon moi, le papier va revenir et tout ce qui en découle comme les lettres écrites. C’est ce que je ressens.

Une journée type? Quand je suis à Bruxelles, je me lève tôt vers 6h45.  J’aime passer du temps avec ma famille. Je fais 1 heure de sport. Je m’informe, je regarde les réseaux sociaux. Je travaille chez moi dans mon canapé. J’y suis plus concentré qu’ici. Ensuite commence ma journée à la galerie vers 11h. C’est un métier où l’on voyage beaucoup pour être présent sur les foires, visiter les ateliers d’artistes, assister aux vernissages. Donc quand je suis à Bruxelles, je suis systématiquement à mon bureau. Le travail de galerie consiste avant tout en un travail d’organisation. Ce n’est pas que de la vente, ou que boire un verre. Il y a une mise en place de toute une structure pour suivre au mieux les désirs et les projets de nos artistes.

La partie du job que vous préférez? Les visites d’ateliers, le temps passé avec les artistes. J’aime aussi les moments échangés avec les collectionneurs. L’art est bien évidemment un monde d’argent mais c’est avant tout un monde de passionnés. Des personnes très très passionnées, et donc très passionnantes. Le samedi est un jour que j’apprécie, car c’est ici un jour de flânerie. Je prends un café avec un ami qui passe, je change le mobilier de mon bureau ou l’accrochage de mes tableaux qui sont mes dernières découvertes ou des oeuvres que j’aime particulièrement.

Café ou thé? Café et Coca-light.

En silence ou en musique? Pas en musique, mais pas en silence non plus.

Un truc pour vous échapper? Une fois par semaine, je marche 10 km en forêt. Une fois par mois, je me couche à 21 heures pour avoir 10 heures de sommeil d’affilées. Une fois par an, je m’octroie une sorte de retraite detox en Italie.

En dehors de vos propres artistes, sur quel travail louchez-vous? Je suis attentif au travail de Gijs Millius, un hollandais qui vit en Belgique. À celui de Daniel Boccato  représenté par la galerie Sorry We are Closed. Et j’ai beaucoup aimé la dernière expo de Nancy Moreno au sein de la galerie Island.

Expositions en cours
Rivers in your mouth, Sanam Khatibi, jusqu’au 28 octobre 2017.
AfroPunk, Kendall Geers, jusqu’au 28 octobre 2017.