Nez à nez avec Christine Nagel

Beauty

C’est une succession olfactive tout en douceur que la Maison Hermès nous donne à voir ou plutôt à sentir. Au grand -mais pas moins discret- français Jean-Claude Ellena, succède l’instinctive italienne Christine Nagel. Côte à côte mais séparément, ils ont composé les deux dernières colognes de la Maison. La dernière de Jean-Claude est faite de Néroli intense. La première de Christine, de rhubarbe sucrée. À chacun sa partition dans une liberté totale de création. Christine Nagel nous répond.

Quelle est l’odeur de votre enfance? L’odeur d’un talc italien Borotalco, qui m’a particulièrement marqué. Je pense que dans l’inconscient collectif de toute personne qui a des racines italiennes, cette odeur est assez forte. C’est un parfum très addictif.

L’odeur de l’âge adulte? L’odeur de l’autre que l’on aime. On ne peut pas forcément la décrire mais une chose est sûre : quand on n’aime plus, nous ne sommes plus en amour avec l’odeur de l’autre.

L’odeur qui vous met de bonne humeur? La rhubarbe. Les odeurs rouges me rendent très joyeuse.

L’odeur des vacances? L’odeur d’un galet salé. Il s’agit à la fois du gout et de l’odeur. C’est assez particulier car c’est minéral et salé. J’aime beaucoup la mer.

L’odeur qui vous dérange? L’odeur de la personne que je n’aime plus.

L’odeur de Paris? Lorsque je suis arrivée de Genève, j’ai découvert le métro et son odeur. Je trouve que Paris a une odeur métallique.

L’odeur de votre prédecesseur? L’odeur que j’aime.

L’odeur de votre premier parfum? Bois de îles de Chanel. Ne me demandez pas pourquoi, je serais incapable de vous répondre, mais ce parfum me transporte.

Et l’odeur d’Hermès? On ne peut pas résumer Hermès en une odeur. Je pense à une certaine tactilité et texture, même dans l’épure.

Eau de rhubarbe écarlate/Néroli doré, en boutiques Hermès, 125 euros.

@Benoît Teillet