Marie Chantal de JPMDR

Art

Dandy charmeur à la belle plume, Jean-Paul Masse de Rouch cache bien son jeu derrière ses petits sourires polis. Il connaît les femmes sur le bout des doigts, s’aventurant sans peur dans leur psychologie complexe. Ce Français installé à Bruxelles depuis les années 70 publie Marie Chantal, un nouveau roman illustré, à la fois ludique et touchant.

Par Philippe Pourashemi. Gif par Oskar.

Combien de livres avez-vous écrit jusqu’à présent?
J’ai écrit 5 romans, et la biographie d’Elvis Pompilio. Ce roman illustré est mon dernier ouvrage.

D’où vous vient cette passion pour les mots?
J’ai toujours aimé écrire, que ce soient des nouvelles ou des pièces de théâtre. C’est un exercice qui me convient bien et qui me donne du plaisir. J’ai travaillé plusieurs années comme journaliste et le fait d’être publié m’a donné confiance en moi. Quand on écrit un roman, c’est plus simple et en même temps plus difficile.

Expliquez-moi pourquoi.
C’est facile d’écrire un roman car on a une immense liberté. En même temps, le magazine vous offre un cadre qui donne certains repères à l’écrivain. Le roman implique une plus grande discipline qui n’est pas toujours évidente. Ceci dit, je n’ai jamais eu l’angoisse de la page blanche.

Qu’est-ce que vous avez envie d’exprimer à travers vos romans?
Je crois que mes livres parlent de souffrance, mais d’une manière désinvolte. Ce n’est pas une souffrance excessive, physique ou violente. Vue de l’extérieur, elle semblerait même inexistante, mais c’est une sensibilité qui fait qu’elle est bien présente.

Une forme de spleen?
C’est ça. Dans le cas de Marie Chantal, l’héroine s’inquiète par rapport à son âge et une fausse information publiée dans un magazine. L’article affirme qu’elle a 40 ans, alors qu’elle n’en a que 39, ce qui est assez insupportable et traumatisant pour elle. Est-ce qu’elle s’accommodera du passage du temps? Pourra-t’elle à nouveau jouer dans un film? Est-elle condamnée au célibat perpétuel? Tout ça n’est pas dramatique en soi, mais ces questions la préoccupent.

Avez-vous peur de vieillir?
Je dirais que ça dépend des moments. Quand j’ai eu 40 ans, je me suis senti assez nerveux, mais quand j’en ai eu 50, ça ne m’a pas agacé du tout. C’est vraiment par périodes que ça se manifeste.

Quels sont les avantages de l’âge?
Aucun. (il rit)

Ah bon? Et l’expérience alors, ça ne compte pas?
Je n’y vois pas grand-chose de positif. J’étais très heureux à 20 ans, avec ou sans expérience. J’aime profondément la jeunesse, cette attitude nonchalante avec laquelle on traite la vie à cet âge-là. Tout semble moins grave et définitif.

Est-ce que vous aspirez à une forme d’insouciance dans votre existence?
C’est beau l’insouciance. Je pense que la légèreté est une forme d’élégance, une manière particulière d’aborder la vie. Tout ce qui est lourd me fait fuir, et le premier degré n’est jamais flatteur.

Marie Chantal est le premier d’une série d’ouvrages visant à revisiter le roman photo, 69€, chez Filigranes et Elvis Pompilio.