L’univers d’Ado Chale

Art

L’artiste Ado Chale est un personnage, qui cache à coup sûr, derrière son regard azur, une multitude d’histoires. Cet automne à Paris, l’artiste réputé pour ses tables imposantes en bronze ou en résine avec inclusion de minéraux exposera ses nouvelles créations en exclusivité à la Galerie Yves Gastou. Mais c’est à Bruxelles, dans ses quartiers que nous avons pu le rencontrer, accompagné de sa fille Ilona.

Par Marie Hocepied. Photos Gilles Van den Abeele & D.Delmas.

Adolphe Pelsener de son vrai nom est né sous le signe du poisson, à Molenbeek au cœur de Bruxelles. Il grandit à Pécrot dans la campagne du Brabant wallon, pour arriver rue Lens, en plein coeur d’Ixelles. Sa rue, son QG. Il y établit son atelier et en face son appartement, dans les anciennes écuries de l’Hotel Solvay. Un lieu chargé d’histoire habité par cette figure charismatique de l’Art du 20ème siècle.
À ses débuts, il martèle l’argent et crée des bijoux mais surtout les premiers plateaux de table en ciment incrustés de petites marcassites ramassées aux pieds des falaises du nord de la France. Très vite, Ado Chale part à la recherche de pierres semi-précieuses aux quatre coins du monde.
Même si l’homme (86 ans, chapeau!) ne se livre point facilement aujourd’hui, c’est sa fille Ilona qui l’accompagne avec douceur et infinie tendresse qui raconte l’histoire. Elle nous apporte son regard sur son père, sur l’homme, sur l’artiste au petit foulard rose noué en un noeud élégant autour du cou.

Le rose est sa couleur fétiche, il a donc voulu peindre la façade de son atelier en rose! Mon père a toujours eu des passions, des phases. Il y a toute ces choses en dentelle qu’il chinait dans les brocantes amoureusement ou ses petits dessins de scènes érotiques affichés sur les murs de sa chambre, des boutons de chemise ou des touches de piano en nacre qui servaient à la réalisation de certains modèles de tables. Il est un féru de minéralogie depuis sa plus tendre jeunesse. Il trouvait parfois simplement des choses par terre.
Je n’ai pas vraiment le sentiment de l’avoir rejoint à un moment précis. J’ai toujours été très proche de lui. J’apporte ma contribution à l’équilibre des choses : il a réalisé tellement de belles pièces qu’il faut aujourd’hui en prendre soin.
C’est pourquoi nous avons voulu faire un événement plutôt qu’une rétrospective. Nous voulions amener des nouveautés issues de ces multiples petits cahiers de croquis. Des dessins magnifiques, des projets qui n’avaient pas aboutis à l’époque. Ainsi, nous présenterons à Paris 8 à 10 nouveaux modèles dont une édition limitée (50 exemplaires) de la table Joséphine, du nom de sa mère, ma grand-mère.