L’hôtel Marignan à Paris

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Le chef du chantier c’était lui : l’architecte Pierre Yovanovitch qui signe ici son premier hôtel. L’hôtel Marignan, un refuge d’élégance à deux pas de l’avenue Montaigne et des Champs Elysées. L’ex-styliste de Pierre Cardin devenu aujourd’hui grand architecte français nous parle de l’endroit qu’il a façonné à sa guise.

Photography Thomas Chéné for Wallpaper. 

Votre parcours ? 

J’ai appris le métier d’architecte d’intérieur seul. Par passion et par intuition. Après mon bac, je me suis lancé dans des études commerciales avant d’être engagé par Pierre Cardin et de travailler pour lui à Bruxelles tout d’abord, puis à Paris dans la mode, dans les collections homme. Mais au fond de moi j’ai toujours su que j’avais envie de dessiner des intérieurs, de concevoir des lieux, de les agencer, de jouer avec les volumes, avec la lumière, de décorer. En 2001, je crée mon agence qui se limitait alors à … Pierre Yovanovitch seul travaillant depuis la cuisine de son appartement. Un grand appartement parisien, un château à la campagne, une maison à Palm Beach, un loft … la sauce a pris.

Parlez-nous de l’hôtel Marignan…

La propriétaire de l’hôtel nous a accordé une grande confiance et était tout à la fois très impliquée dans le projet, du premier au dernier jour.
L’exercice de l’hôtellerie, contrairement aux projets résidentiels, demande d’intégrer de très nombreuses contraintes : des normes de sécurité, des matériaux imposés ou au contraire interdits, etc. Ces contraintes oblige à être créatifs, à trouver des astuces, à ne pas sacrifier l’esthétique au détriment du fonctionnel et à trouver le juste équilibre.
J’ai été charmé à la première visite par l’histoire du lieu qui était à l’origine un hôtel particulier, une résidence privée. Et il me semblait important de conserver l’esprit d’une demeure chaleureuse avec sa singularité.
Du mobilier dessiné sur-mesure, quelques pièces vintage. Je voulais que l’hôte de passage se sente si bien qu’il ait envie de rester !
Chaque chambre est différente, comme dans une grande maison. Et nous avons fait appel à des artisans de talent qui ont su traduire nos idées : une artiste céramiste qui a réalisé les luminaires du lobby, un grand tapissier lyonnais qui a confectionné le « canapé serpent » de l’entrée, un ferronnier qui a fabriqué les portes en acier massif et feuille d’or.

Quels sont vos pied-à-terre préférés ailleurs ?  

J’aime changer d’endroit à chacun de mes voyages, tout comme mes goûts changent et évoluent. A New York, il est vrai que je vais souvent au Greenwich Hotel qui est pour moi un hôtel qui a une âme. J’ai toujours l’impression en y arrivant que tout le monde n’attendait que moi … !
Mais un contre-exemple parfait du Greenwich –  dont le concept décoratif est très étudié – est un gîte d’étape qui s’appelle La Fripounière dans l’arrière pays niçois à Roubion dans le parc du Mercantour. J’adore cet endroit qui me repose plus que tout. Le décoration est d’une grande simplicité, presque rustique mais le cadre naturel et les paysages alentours sont magnifiques. La cuisine servie dans ce lieu tout simple est remarquable. Je suis aussi sensible à ces arguments et assume complètement le grand écart avec un hôtel de standing new-yorkais !