Les bestioles de Saraï Delfendahl

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Des sculptures bougeoirs, des sculptures vases, des sculptures qui en cachent d’autres. On y voit une souris, un chat, un personnage à trois bras, ou pas. C’est beau, c’est brut et délicat à la fois, donc touchant. L’artiste française Saraï Delfendahl basée à Paris est l’invitée de Pili Collado et Isabelle Steemans au sein des Précieuses, Place Brugmann.

Par Marie Hocepied.

Proposer une exposition d’un artiste en solo, premier exercice du genre pour les deux acolytes Isabelle Steemans et Pili Collado. Liées par une amitié de longue date mais surtout par une énergie commune: celle de s’amuser, de montrer, d’attiser la curiosité sans vraiment calculer. “Nous avions envie de développer des rendez-vous ponctuels, de mettre en avant des choses qui nous font vibrer dans cet espace de la Place Brugmann. Nous n’avons pas de stratégie, juste des coups de foudre que nous voulons partager.” C’est lors d’un aller-retour sur Paris pour le boulot qu’Isabelle flashe et rigole devant une petite sculpture plantée dans une vitrine au milieu de bouquins. Une sculpture de Saraï Delfendahl exactement. Une rencontre dans son atelier plus tard, et les trois femmes se plaisent au fil de mails et d’échanges à monter une expo. “J’ai l’impression de découvrir pour la première fois mes différentes pièces, c’est un sentiment très particulier. Mon travail est de plus en plus coloré, je travaille les couleurs à partir de peintures qui me plaisent. Enfant, je passais des heures au Musée de l’Homme à Paris avec mon père qui était ethnologue. Ma mère, elle, me lisait des contes étrangers et relativement fantasques. Je n’allais pas à l’école et chaque jour, je devais leur produire un travail personnel, une histoire, une peinture,… J’ai baigné dans cette ambiance, ces souvenirs ont incontestablement influencé mon travail. Je pense que je m’approche plus de l’art singulier, que de l’art brut.” 

À découvrir avec les branchages et les fleurs fragiles de Thierry Boutemy en prime.

Sarah Delfendahl, “Même pas peur”, du 18 mai au 18 juin, 20 Place Brugmann.