L’Edimbourg de Floc’h

Travel

De 4 à 5, nous avons pris l’Afternoon Tea en compagnie de l’artiste français Floc’h. Le temps d’une conversation autour de son nouvel ouvrage ; un carnet de voyage sur Edimbourg venant compléter la collection Travel Book de Louis Vuitton. D’entrée de jeu, il me conseille de commencer son livre par le début. Rencontre avec le chic personnage.

Interview Marie Hocepied.

Edimbourg, pourquoi Edimbourg? Louis Vuitton m’a proposé de faire un City guide sur une destination au choix! Ma première réponse a été : “À 60 ans, je n’ai pas vocation à être guide touristique. Au revoir Messieurs-Dames!” Je trouvais aussi qu’il y avait trop d’illustrations, moi j’ai besoin de raconter une histoire. Je ne fais pas des livres que l’on feuillette. Ce sont des livres que l’on commence au début et que l’on termine à la fin. Et puis ma femme m’a dit: ” Tu es bête, tu adores Edimbourg et tu as pleins de choses à dire la dessus.” J’y étais allé deux fois auparavant.

Êtes-vous un voyageur dans l’âme? Non pas du tout! J’ai voyagé comme tout le monde, mais je suis plutôt un homme de salon. Je voyage dans la tête, mais pas en action.

Avez-vous reçu carte blanche de la part de Louis Vuitton?  Louis Vuitton laisse développer la créativité de l’artiste. Ce que j’aime dans cette collection, c’est qu’elle est cosmopolite : vous avez une Japonaise qui fait Londres, un Italien qui fait le Vietnam. C’est très ouvert. Il n’y a pas de diktats. Dans le contrat, il y a aussi le fait que l’on vous envoie pendant trois semaines avec la personne de votre choix à destination. Ca ne se refuse pas, évidemment!

Quelle est l’histoire de cette escapade écossaise? Quand on m’a proposé de faire ce livre,  je me suis dit que je n’accepterai qu’à la seule condition que je puisse réintroduire cette petite fille que j’avais déjà créé dans mes histoires précédentes. Ce n’est pas un portrait de ma fille mais plutôt le portrait composite de mes trois filles (la mienne et celles de ma seconde épouse). Dans le roman, je veux l’initier à l’Ecosse et même à un peu plus si possible. À une certaine qualité de vie aussi, mon idée de la vie.

On vous caractérise comme étant le plus british des illustrateurs français. Qu’en pensez-vous? Ce n’est pas une insulte! Je suis profondément quelqu’un qui pense que sans la Grande-Bretagne, la vie ne vaudrait pas la peine. Les gens pensent que je dis ça pour faire rire, mais je le pense réellement. Je n’aime pas la France. Quand j’avais 10 ans, je racontais : “Regardez les plaques minéralogiques des automobiles anglaises!” Pour moi, elles étaient ravissantes. Il y avait un tel équilibre entre les chiffres et les lettres. C’était du Rimbaud. “Et regardez les françaises, quelle honte!” Je disais la même chose du drapeau anglais par rapport au drapeau français, des fenêtres anglaises par rapport aux françaises,…

Pouvez-vous me parler de cette fameuse “Ligne Claire”? On dit que j’ai été celui qui a relancé la Ligne Claire. À cette époque, Hergé n’était plus en odeur de sainteté. Je trouvais que tout le monde se laissait beaucoup trop allé. J’ai repris ce style, car je suis moi-même une Ligne Claire dans la vie de tous les jours: je suis propre sur moi, j’ai une certaine tenue. J’ai cette théorie peut-être un peu bizarre qui dit que ce courant ne pouvait naître qu’à Bruxelles. Car les lignes sont nettes dans une ville et qu’à Bruxelles, après la pluie, tout est encore plus net. Enfant, il y avait deux clans: ceux qui lisaient Spirou d’un côté et Tintin de l’autre. J’appartenais clairement au deuxième camp.

Votre adresse fétiche à Edimbourg ? C’est une adresse que je ne mentionne pas dans le livre! Pour un Afternoon Tea, un endroit un peu reculé, l’hôtel Preston Field. Un décor absolument délicieux d’où l’on peut admirer quelques vaches écossaises.

En vente dans les boutiques Louis Vuitton, mais également chez Candide à Bruxelles.

“À 60 ans, je n’ai pas vocation à être guide touristique. Au revoir Messieurs-Dames!”