Le jardin de Lionel Jadot

Art Garden

Il souhaitait nous montrer une partie de son jardin que l’on ne soupçonne pas : un peu plus loin que ses bosquets anglais, se cache un bois. Avec une cabane bricolée, une autre ultra équipée, 3 containers, 2 tentes militaires et des murs entiers de rhododendrons. Un mix improbable de styles comme l’architecte belge en a le secret.

Quelle est l’histoire de ce jardin? Quand nous sommes arrivés il y a 20 ans, c’était une espèce de forêt. Nous avons rendu un peu plus aimable l’endroit, mais nous avons voulu garder l’esprit sauvage et pas trop entretenu dans la partie boisée. J’avais envie d’un bois avec des lianes.

Le jardin, était-ce une condition sine qua none dans le choix de l’habitation? Pas spécialement. J’aime la ville et son côté urbain. J’adore les terrasses avec un jardin suspendu, comme on en trouve à Florence par exemple.

Dans tes projets d’archi, t’occupes-tu aussi de l’aménagement de jardins ou d’espaces verts? Généralement, j’aime faire pousser des grimpantes pour venir cacher une partie de la maison. À vrai dire, les maisons enterrées c’est mon trip (rires) ! Par contre je ne m’y connais absolument pas en plantes, j’aime donner des directives en terme de volumétrie ou d’axes. Selon les cas et les clients, je suis pour une intégration poussée entre l’architecture et le jardin. Je travaille alors de pair avec un architecte paysagiste.

As-tu la main verte? Je ne pense pas. Je ne triture pas la terre. Je ne suis pas un génie pour jardiner. Je suis beaucoup trop impatient. J’aime plutôt faire des compositions, des bouquets de branches ou de verdure. J’adore ramasser des branches, ça c’est mon truc. En voyage aussi, je ramène des petits bouts de bois d’à peu près partout.

Et le truc des cabanes? Depuis gosse, j’ai toujours construit des cabanes et c’est resté. Pour celle-ci, nous étions en train de faire des travaux dans la maison et comme je n’aime pas jeter les choses, j’ai récupéré aussi les châssis pour les intégrer dans la composition J’ai coupé des branches d’arbres morts aussi. Je l’ai ensuite connectée avec la voiture. Je continue à y ajouter des bouts de bois. Ca fait 3 ou 4 ans que ça dure ! Je pars du principe que pour réaliser une vraie cabane, il ne faut rien acheter. Le challenge, c’est de réaliser tout de ses propres mains. C’est sans doute mon côté romanichel (rires). Je me souviens enfant, j’habitais la moitié de la semaine à St-Gilles et l’autre moitié à la campagne. En ville, j’ai découvert les grandes poubelles. Je passais mes soirées à récolter pleins d’objets. Au plus c’était lourd, au plus c’était intéressant.

Quel est ton meilleur souvenir ici? Les soirées passées avec ma femme dans la petite cabane. Je lui fais alors une surprise en préparant un dîner romantique à la bougie.

Es-tu du genre à avoir un jardin secret? Oui plutôt. Je pense à mon atelier d’extérieur. Il est situé un peu plus bas dans le jardin. J’y ai trois containers et deux tentes militaires. J’y entasse toutes ces affaires que je récupère à gauche, à droite. Avec ça je produis des sculptures, des objets. J’y suis seul pour vider tout ce qu’il y a dans ma tête ou dans mes carnets de croquis. Tout ce contenu va faire l’objet d’une exposition au Grand-Hornu en 2016. Je vais habiter sur place, ce sera assez interactif. Ce sera la première fois que je montrerai cette partie de mon travail. Il n’y a pas de calcul derrière: je ressens juste le besoin de le faire.

Tes adresses vertes ?

_ L’épicerie bio La Finca, située près de mon bureau. Ce sont des agriculteurs à la base. On peut y acheter des produits ou déguster sur place, www.la-finca.be

_ Le fleuriste Thierry Boutemy. Le poète des fleurs. www.thierryboutemy.com

_ L’auberge de Tangaroo à Essaouira. Au milieu d’une forêt de mimosa, un refuge rustique à souhait. Pas d’électricité, pas de télé, de wifi. Que des bougies et un plat unique le soir. On est coupé de tout et ça fait un bien fou. C’est comme ça depuis toujours, ce n’est pas un effet de mode! Il y règne une très grande honnêteté. www.aubergetangaro.com