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Le centre sportif La Fraineuse par Baukunst

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Le domaine du château de la Fraineuse à Spa héberge depuis plus de 30 ans l’un des centres sportifs de haut niveau de la Fédération Wallonie Bruxelles. À l’issue d’un concours remporté par le bureau d’architectes bruxellois Baukunst en 2010, le centre a inauguré ses nouvelles installations début 2016.

Par Julie De Bruyne & Jean-Sébastien de Harven. Photos Oskar.

La commande trouve ses origines dans la volonté de la Fédération Wallonie Bruxelles d’améliorer la qualité des infrastructures du centre et définit le programme comme un ensemble d’équipements répartis sur le site. Le château de la Fraineuse, un pastiche du Petit Trianon de Versailles construit à la fin du XIXe siècle, domine un site de 24 ha dont les qualités paysagères reposent sur la forte déclivité des lieux et ses aménagements en plusieurs plateaux qui accueillent les différentes activités du centre.

Le parti pris architectural consiste d’abord à s’appuyer sur ces qualités et à renforcer la définition spatiale des pôles d’activité. Avec les paysagistes du Bureau Bas Smets, les architectes soulignent l’autonomie des différents plateaux qui organisent le site. Le plateau qu’occupe le château en est le coeur et est la genèse du projet. Le nouveau bâtiment se juxtapose au château, mettant l’emphase sur celui-ci tel un double invisible ou un faux jumeau.
Dans un premier temps un socle est défini sur lequel le château semble prendre assise a posteriori. Ensuite, la volumétrie de cet ensemble socle-château est dupliquée à ses cotés. Par l’inversion de la figure et du fond, du plein et du vide, émerge l’alter ego du château.

En contrebas du château prend donc place un bâtiment énigmatique qui en prolonge le socle et en dessine les plinthes. Une unique toiture plate en acier repose sur d’imposants volumes de béton. Elle est évidée en son centre et génère un patio que les rideaux à la maille amples soulignent tout en l’isolant subtilement des espaces de déambulation au gré des besoins. L’articulation des volumes en béton organise les accès et assure une grande perméabilité visuelle et d’usage du bâtiment mettant en dialogue le patio avec le territoire.

L’observateur attentif aura sans nul doute constaté les similitudes troublantes entre la toiture du bâtiment et celle de la Neue Nationalgalerie construite en 1968 à Berlin par Mies van der Rohe. Le plus érudit quant à lui, aura vu dans l’agencement des masses de béton les réminiscences de la Villa Karma à Montreux, premier projet d’importance de l’architecte viennois Adolf Loos. Mais contre les apparences, la démarche de Baukunst n’est pas nostalgique d’une modernité disparue, ni celle de jouer de contraste historique; la confrontation des époques est une condition d’existence de l’architecture et le recours aux modèles des maîtres est ici un moyen plutôt qu’une fin. Telle une rhétorique de la composition, elle permet aux architectes de focaliser leur travail sur les relations qu’entretiennent les gens et les choses, tel qu’ils existent.

Architects / Baukunst
Design team/ Justine Devergnies, Benoit Delpierre, Thomas Devos, Samuel Jaubert de Beaujeu, Joao Pauperio, Fabian Maricq, Maria Rebelo, Adrien Verschuere.
Landscape design / Bureau Bas Smets
Textile Design / Chevalier Masson
Site area / 24 ha. Total Floor area / 2750 m2
Design phase / 2010-14. Construction phase / 2014-16

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