Art, Verso

L’ange de Thomas Lélu

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Thomas Lélu est un photographe, écrivain, scénographe et plasticien français. Bref, un gars qui ne tient pas en place. Il est l’auteur -entre autres- de l’ouvrage à succès « Manuel de la photo ratée » et du roman absurde « Je m’appelle Jeanne Mass ». Après des passages à la direction artistique du magazine Citizen K, Colette, Ofr, Playboy et dans un autre genre de la galerie Emmanuel Perrotin, il signe aujourd’hui une collab avec la maison Dandoy autour de leur cœur en massepain cuit. Attention, concentration : nous lui avons demandé de se raconter autour d’un seul et unique objet. Son fétiche, en somme.

Dessin Séverine Piette.

« Il s’agit donc d’un ange chantant le « Gloria in Excelsis ». Classique certes, si ce n’est que je l’ai acquis d’une manière inattendue. Un jour où je rendais visite à mes parents qui vivent en Bretagne, mon père a souhaité me montrer son jardin et son nouveau potager. En marchant dans les allées de ce dernier, j’ai remarqué quelque chose dans la terre et je me suis penché pour voir de quoi il s’agissait. L’objet était en partie recouvert de terre et l’on ne voyait pas tout de suite de quoi il s’agissait. C’est donc en nettoyant l’objet que j’ai découvert qu’il s’agissait d’un ange que j’avais donc en partie déterré du jardin de mon père. Depuis il est accroché au dessus de mon bureau et il veille sur moi. Ce n’est pas mon seul objet fétiche, j’en ai beaucoup d’autres, j’accorde une grande place aux objets de toute sorte. J’ai une âme de collectionneur comme beaucoup d’artistes. J’ai de nombreuses pierres dont certaines que je porte sur moi quand je me déplace. J’ai aussi des coquillages qui me rappellent la mer, la Bretagne qui est ma terre natale, là où j’ai grandi et où j’ai mes racines. J’ai plusieurs colliers aussi dont un de coquillages fabriqué pour ma fille lors d’un été près de Dinard. J’ai aussi un collier de prière bouddhiste en os de yack avec lequel je fais parfois mes exercices de méditation. J’ai aussi conservé une plaque gravée offerte par la mère de ma fille avec une inscription « it does exist ». Je dirais d’une manière générale que j’aime les objets qui ont une histoire et pour ceux qui n’en ont pas, j’aime leur en inventer une. Par exemple, j’aime les objets neufs imparfaits, les objets perdus ou abîmés. Ce qui fait que chez moi ils s’accumulent mais parfois la rencontre de deux objets crée une alchimie intéressante : ils sont comme des acteurs qui attendent le bon rôle. »

 

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