Dos-à-face avec Nicola Testa

Art

De pop, il est question. Un premier album qui cartonne, des chansons en repeat sur les ondes, des concerts qui virent la performance, Nicola Testa et sa bande n’ont pas fini de faire du bruit. Échange de mots et portrait en recto verso.

Texte Lola Lemaigre. Portrait Michael Marson. Veste Louis Vuitton.

Belge

Je pense que la scène musicale belge jouit d’une très forte dynamique, même si elle est parfois sous exploitée. Nous manquons un peu d’audace, particulièrement ces dernières années. Evidemment, il y a toujours ce problème Nord-Sud qui n’est pas facile à gérer même s’il y a un net progrès, surtout sur Bruxelles. Au Nord, il y a un meilleur « showbiz » que chez nous. Nous, nous sommes seulement en train de le créer maintenant. Tout ça va s’équilibrer petit à petit, je suis confiant.

“Tout le monde ne s’appelle pas Serge Gainsbourg”

Inspiré

Pour moi l’inspiration est l’aspect facile de l’écriture. Ecrire une chanson, c’est comme écrire un livre ou faire un tableau : ça peut prendre une heure ou des heures. Je reviens souvent sur mes chansons : je me lève tôt le matin pour reprendre mon stylo et recommencer à écrire. Il y a l’inspiration et puis l’histoire qu’il faut raconter et donc qu’il faut construire. Tout le monde ne s’appelle pas Serge Gainsbourg. Il paraît qu’il écrivait d’une traite et qu’il n’y touchait plus.

Impliqué

Si on fait du cinéma on est dans l’image mais aussi dans le son.  Pour moi, la musique c’est pareil. Ça parle aux sens donc aussi bien à l’ouïe, à la vue, au toucher. C’est indissociable d’exploiter les formes qui gravitent autour. C’est pour cette raison que j’aime m’impliquer dans la réalisation des clips. Cela va plus loin que simplement accompagner la musique sur quelque chose de joli. J’aime raconter autre chose, une vision de la chanson en parallèle. Je trouve que c’est important de pouvoir allier tout cela, comme avec la pochette, les séances photos. J’aime aussi avoir le regard du photographe sur ce qu’il pense de moi. Je trouve très intéressant d’avoir ce type de dialogue et de pouvoir faire confiance à la perception de l’autre.

Guidé

La scène, c’est un voyage, un trip pour lequel on prépare ses valises : il faut prévoir des vêtements pour le soleil et pour la pluie. On ne sait jamais comment cela va se passer, comment sera le public. C’est une aventure! On connait sa destination mais on ne connait pas l’itinéraire. J’attends de rencontrer les gens et de voir comment ils vont réagir, comment les chansons vont interagir avec eux. On fait des essais, on change de setlist à chaque fois. On ne joue pas nécessairement la même durée: c’est parfois une heure, parfois 45 minutes. Changer les morceaux, c’est aussi ça le défi. C’est ça qui va donner l’enjeu du truc.

No More Rainbow, Nicola Testa, son actu ici.