Dans les casseroles de Marie Thibaut de Maisières

Kitchen

De 5 à 6, on s’est incrusté dans la cuisine de Marie Thibaut de Maisières, l’enthousiaste fondatrice des bouquins personnalisés pour enfants ZebraBook. Entre séance de patins à roulettes, rigolades et test cuisine, elle nous a préparé un festin d’apéro en 4 minutes chrono.

Photos Oskar. Interview Marie Hocepied.

Comment désirais-tu concevoir ta cuisine? Je rêvais d’une cuisine immense, incassable et lumineuse où tout le monde serait le bienvenu. Chez ma mère, c’était comme ça. On pouvait rentrer avec six copains, il n’y avait jamais de souci et toujours une tranche de gigot pour chacun. Chez moi, c’est pareil mais dans une version un peu plus chaotique ! Les enfants font du vélo dans la cuisine et je ne sais pas le moindre du monde comment on cuit un gigot. On peut être 26 assis à table (très très serrés avec les rallonges). Mes soeurs et mes cousines organisent parfois des dîners chez nous. C’est trop gai d’être invitée chez soi !

Malgré tout, tu n’aimes pas cuisiner? Pour moi, la nourriture est une excuse pour être ensemble.

Un truc que tu ne rates pas? Je suis donc la reine de la soupe et de l’apéro ! Tous les jours, à 18h les enfants ont un grand apéro de légumes crus : carottes, concombres, poivrons, fenouils, tomates cerises quand c’est la saison, cubes de comté ou de beaufort, lupin, noisettes ou amandes. Comme cela, je suis sûre qu’ils avalent ce dont ils ont besoin pour bien grandir. Après, c’est la débrouille : ils mangent une soupe et une tartine, un plat qui vient de chez Papy et Mamy ou des pâtes. Mes deux aînés adorent cuisiner leur fameuses « pâtes sauce blanche » à leur petite soeur. Ne me demandez pas ce qu’ils mettent dans leur sauce blanche….

Ce que tu as toujours dans ton frigo? Du pesto ! Je l’achète religieusement tous les samedis chez Casa de Tomaso au Marché de Flagey. On en met partout. Et des tonnes de légumes.

Ton plat préféré? Le soufflé au fromage de chez ma grand-mère. Un plat qui défie les lois de la gravité, cela m’impressionne !

Si tu étais un cocktail? J’aime le Kir. C’est magique comme la violette peut me faire boire n’importe quel vin blanc avec enthousiasme.

Tes invités de rêve pour un dîner improvisé? “Un dîner de filles » avec mes soeurs, Simone Veil, Françoise Héritier, Angela Merkel et Rosa Parks. Si Edith Piaf a le temps de nous rejoindre pour le dessert…. Ce serait le paradis !

Tes restos préférés? Moi, j’aime les restos où l’on peut aller à pied. J’adore le moment, où mon mari et moi, on rentre main dans la main en débriefant la soirée. Souvent on laisse les copains choisir le resto, parce qu’ils ont toujours beaucoup plus d’idées que nous. En amoureux, on dîne au Patio d’été. La terrasse est merveilleuse et on adore le couple de patrons. Les enfants, je les emmène au Manhattan Burger parce qu’il y a tellement de bruit que personne ne voit qu’ils sont mal élevés. Et la friterie de Flagey reste, été comme hiver, malgré la file, l’endroit préféré de toute la famille.

Tes livres se déjouent des clichés sexistes : il n’y a pas que les filles derrière les fourneaux. Même configuration chez toi? (rires) Non, ce n’est pas par militantisme que je ne cuisine pas mais parce que la nourriture ne m’intéresse pas tellement. Je crois que c’est un reliquat du traumatisme de la cantine de la Vierge Fidèle. J’ai appris – pour survivre – à faire abstraction. Etudiante, je me nourrissais exclusivement de pommes et de tartines au gouda. Mes copines me disaient : « T’en as pas marre du gouda ? » et je trouvais leur question totalement incongrue.  Mon mari s’est mis à regarder des émissions culinaires puis à cuisiner par désespoir ! La semaine, il rentre trop tard mais c’est lui qui cuisine le week-end et les jours de fêtes. Ma mère nourrit mes enfants le mercredi. Et mes beaux-parents, qui ont pitié de nous, apportent souvent des plats arméniens mijotés. Bref, on ne meurt donc pas totalement de faim!

Un projet? Un nouveau bouquin? Une nouvelle aventure? Oui, en septembre prochain, on va sortir un nouveau ZebraBook. Ce sera un voyage dans le temps totalement personnalisé. L’enfant va découvrir l’histoire avec son histoire. Cela va être totalement magique, il y aura son arbre généalogique, son prénom en hiéroglyphes, son nom de famille en Grec, sa naissance sur une ligne du temps et pleins d’autres surprises. Ce livre a fait l’objet de nombreuses disputes à la maison parce que mon fils voulait absolument que j’y mette Napoléon (dont il est mort fan) et mon mari, le roi arménien Tigran. Quand je leur ai annoncé qu’il n’y aurait ni l’un, ni l’autre, ils ont juré qu’ils ne le liraient pas ! Tant pis, je ne cède à aucune pression. Cela ne sert à rien d’essayer de me corrompre avec des bisous.