Dans les casseroles de Kris Martin

General Kitchen

Il nous a reçu un lundi midi, les bras grands ouverts et son frigo aussi. L’artiste contemporain originaire de Courtrai vit et crée quelque part dans la campagne gantoise. Malicieux et non sans humour, son travail s’articule autour de différents moyens d’expression allant de la sculpture aux dessins, photographies et performances. Notre rencontre fut authentique jusque dans ses plats improvisés et son apéro préféré.

Interview Marie Hocepied. Photos Oskar.

Cuisines-tu depuis toujours? Oui j’ai dû apprendre car personne ne cuisinait pour moi. J’ai beaucoup d’amis chefs autour de moi. Peter Goosens ou Frederik Dhooge m’enseignent beaucoup de choses à chaque fois qu’ils viennent manger à la maison. Je ne sais pas cuisiner comme un chef mais pour moi l’essentiel est de ne pas gâcher les aliments.

Salé ou sucré? Salé, je n’aime pas les friandises sauf le chocolat de temps en temps.

Un tabou? Le bavarois : sa texture, sa douceur sa gélatine me répulsent.

Une addiction? Les sardines au Portugal. En vacances, je ne mangeais que des sardines, des tomates, du pain et du vin. Tous les jours. Quand j’aime quelque chose, je ne m’en lasse pas et je deviens presqu’ autiste (rires).

Ce que tu as toujours dans ton frigo? Des épinards frais, des carottes, du céleri et des oignons. Avec ça je peux toujours improviser quelque chose de très simple. Comme le bouillon miracle de ma grand-mère ! Je guéris les enfants et les amis avec mon bouillon. C’est véridique ! Je peux être très vieux jeux parfois (rires). Pour la viande, je suis très difficile: je n’en achète pas si je ne connais pas la source. Je m’approvisionne dans une ferme bio à 10km d’ici, la viande y est pure et juste délicieuse. Si je ne mange pas de viande, ce n’est pas grave mais je ne commence pas avec ces trucs de tofu par exemple !

Que prépares-tu pour un repas entre amis? Un spaghetti al ragù dans lequel je fais mijoter une bouteille entière de Chianti.

Ta table idéale serait composée de … Hemingway, Schubert, Jan et Hubert Van Eyck, Marcel Duchamp et Felix Sagmeister.  Cela donnerait un diner assez spécial.

Une cuisine de prédilection? Je n’ai pas de préférence. Aujourd’hui, je vous ai préparé un plat aux accents asiatiques, mais je pourrais très bien cuisiner quelque chose de médiéval ou de flamand demain.

Comment désirais-tu concevoir ta cuisine? Je voulais absolument deux éviers : l’un pour laver la nourriture et l’autre pour laver les choses sales. C’est une question d’hygiène. La pièce maîtresse est le bar recouvert d’un marbre sélectionné chez mon ami Tanguy Van Quickenborne de la société Van den Weghe. Je désirais un vrai bar autour duquel tout le monde puisse s’installer. Tom Barman a été le premier à détruire mon marbre avec une série de cocktails à base de citron qu’il réalisa alors que le marbre venait d’être posé! Mais on s’en fout ! Les pierres naturelles doivent vivre! J’adore préparer des buffets et que mes invités se servent eux-mêmes !

 

 

Recette

Vinaigrette : Mélangez de l’huile d’olive et de l’huile de sésame, une pincée de piment d’espelette, des jeunes oignons coupés, de l’ail, du soja, un zeste de citron, des graines de sésames sautées et de la poudre de gingembre.

Poivrons : faites revenir des poivrons crus, des champignons, et des graines de sésames. Ajoutez de l’huile d’arachide, du poivre sichuan, un peu de miel et du soja.

Riz sauté : faire revenir le riz cuit dans de l’huile d’arachide à haute température. Ajoutez des raisins secs et des amandes effilées.

 

Exposition personnelle intitulée « Promotheus », du 17 mai  au 17 juin 2017 à la VNH Gallery à Paris.

 

Marbre par Van Den Weghe.