Art, Verso

Dans l’atelier du lunetier Ludovic

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Elles sont rondes, carrées, rectangulaires, asymétriques, mais toutes sont uniques. Ludovic Elens est passionné de lunettes réalisées dans les règles de l’art : à l’ancienne et sans compromis, en acétate de cellulose ou en corne de buffle venant d’Inde, de Madagascar ou du Vietnam. Rencontre entre quatre yeux.

Votre parcours ? Après des études d’optique à Anvers, je me suis retrouvé à bosser dans des maisons où l’on prône la quantité. Fatigué du système, je suis parti un an au Togo dans le cadre d’un projet humanitaire. Quand je suis revenu en Belgique, avec plus de maturité en poche, j’ai sélectionné quelques opticiens à Bruxelles qui me correspondaient mieux. J’ai notamment travaillé pour la maison Hoet située rue Antoine Dansaert. J’y ai appris à travailler l’objet et à le valoriser. Il y avait déjà de la demande pour du sur-mesure, mais nous sous-traitions à l’étranger. J’ai toujours voulu ouvrir ma petite boutique, sauf que faire la même chose que les autres ne m’intéressait pas. Il me fallait une idée. J’ai suivi des formations dans le Jura dans le cadre d’une association spécialisée dans la luneterie artisanale. Je suis revenu avec un savoir-faire unique en Belgique, du moins à ma connaissance. Et me voilà au Sablon avec un atelier, trois étages et un enfant en bas âge (rires).

Aujourd’hui, vous êtes… Un artisan lunetier, réalisant du sur-mesure de façon artisanale de A à Z. Je voulais retourner un pas en arrière pendant que d’autres font 10 pas en avant avec du design, des impressions 3D en titane, etc…  J’ai voulu me différencier.  Ce métier est un retour aux sources. Je travaille la matière, j’utilise mes doigts. Mon grand-père me disait toujours : tes doigts ne doivent pas te servir à compter ton argent, mais à travailler. Je trouve ça sympa !

En vitrine, on peut aussi découvrir d’autres marques de lunettes. A côté du sur-mesure, j’ai dessiné ma propre collection de lunette que je n’arrive pas à produire car j’ai trop de commandes (rires) Comme je produis « lentement », je ne voulais pas juste vendre mes créations. J’ai déniché des jeunes et moins jeunes marques françaises et japonaises, avec un niveau de qualité supérieur et une finition remarquable.

Homme à lunettes? J’ai un très très léger astigmatisme, donc je n’en ai pas vraiment besoin. Mais j’aime l’objet et je les ai fabriqués, donc je suis fier de les porter. Je suis un collectionneur, j’ai un tiroir impressionnant, mais au final je porte toujours celle-ci.

La tête à lunettes, un mythe? Oui, je pense. Il n’y a pas de visage qui est assorti à telle ou telle paire. Les lunettes collent à la personnalité. J’essaie de comprendre si la personne devant moi est une personne plutôt réservée ou au contraire extravertie.

Quel est votre processus de création ? Dans un premier temps, je dois savoir pourquoi le client veut du sur-mesure. Les raisons peuvent être : je veux une paire unique, j’ai un visage atypique ou un nez excessif. Des personnes qui sont hors des standards de la lunette font parfois un chemin de croix pour trouver la paire idéale. Je cible les besoins. On regarde aussi sur Pinterest pour capter les envies. On discute des détails. Je prends une photo de face et de profil. Et puis je dessine différentes options sur un calque. J’obtiens plus ou moins six paires de lunettes différentes que j’imprime dans un plastique très fin afin de faire des essayages lors du deuxième rendez-vous. Au final, il faudra compter trois entretiens avec le client. Si celui-ci veut un palmier ou ses initiales sur sa paire de lunette, c’est aussi possible!

Lunetier Ludovic, à partir de 400€ pour sa collection en acétate et 800€ pour du sur-mesure, www.lunetierludovic.be

 

 

 

 

 

 

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