Art, Verso

Dans l’atelier d’Eric Croes

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Une patte d’ours comme pied pour un vase. Une montagne de têtes de bonshommes de neige. Une poubelle d’objets a priori plutôt moches. Eric Croes nous emmène dans ses rêves à travers ses pièces de céramique délicatement brutales.

Interview Marie Hocepied. Photos Oskar

Comment travailles-tu ici? Je viens ici tous les jours du lundi au vendredi, et sept jours sur sept les semaines précédents mes expositions. J’essaie de démarrer à 10h pile et je finis souvent vers 17h. Après, je rentre chez moi pour répondre aux mails car je n’ai pas d’accès internet à l’atelier, ça me permet de ne pas me distraire. Je dois être seul pour pouvoir travailler et toujours en musique. Il y a toujours quelque chose à faire, que ce soit modeler une nouvelle création, émailler une autre, lancer un four ou bien se poser avec un livre pour penser aux futures pièces.

Te souviens-tu de ta première oeuvre? Je me souviens de ma première céramique que j’ai réalisée à l’âge de 15 ans. C’était un petit bonhomme couché sur le ventre avec un très bel émail blanc comme du sucre. Je n’ai jamais réussi à refaire cet émail.

Parle-nous de l’évolution de ton travail? J’ai toujours fait de la peinture et de la sculpture. Depuis que je suis enfant je savais que je ferais quelque chose en rapport à l’art. J’ai étudié la sculpture à La Cambre pour ensuite me tourner vers la peinture et l’aquarelle. J’ai longtemps cherché comment faire passer les formes et les thèmes que j’avais en tête. Je pense avoir résolu une partie de la question grâce à la céramique et au modelage. J’aimerais faire quelques sculptures en bronze maintenant, continuer à agrandir les formats.

Tes totems, qui sont-ils? Ils sont un peu comme toutes mes sculptures pour l’instant ; réalisés à partir de pièces rapportées qui forment une nouvelle sculpture. C’est une façon pour moi d’agrandir le format avec le matériel dont je dispose. Mon four me permet de réaliser des pièces de 50cm de haut, mais si je les mets bout à bout ça peut dépasser les 2m. Et comme tous les totems, ils convoquent les esprits des ancêtres…

L’ours et le bois comme leitmotiv? L’ours et les branches ont pris une grande place dans mon travail cette dernière année. J’aime leur côté magique : l’ours, animal vénéré dans de nombreuses traditions et les branches de sourcier. C’est aussi un rappel aux peluches des enfants et aux bâtons que ces derniers ramassent dans les bois. À cette époque, je lisais « L’ours. Histoire d’un roi déchu » de Michel Pastoureau. Ce livre a beaucoup influencé mon travail.

Et une série de cadavres aussi? L’exposition chez Albert Baronian s’intitule « Platypus », c’est à dire « Ornithorynque ». Toutes les pièces se trouvant dans l’expo sont des « cadavres exquis », ils sont à la base des dessins réalisés à quatre mains avec Simon Demeuter. Je les transpose ensuite en trois dimensions, les échelles sont à leur tour déformées pour atteindre un point d’équilibre avec la terre. Ils sont souvent monochromes pour rappeler le dessin initial, l’émail réservant plus ou moins de surprise à la cuisson.

Platypus d’Eric Croes, chez Albert Baronian, jusqu’au 19 décembre, www.ericcroes.be

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