Art

Dans l’atelier de Marcin Sobolev

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Le chapelier Elvis Pompilio, le fleuriste Thierry Boutemy et l’architecte Gabriel Kowalski en sont fans. Et Recto Verso aussi. L’artiste Marcin Sobolev nous accueille dans son atelier bruxellois.

Par Alix Cleys
Photos Rafael Emilio Azevedo

Parlez-nous de votre atelier ?

Mon atelier est situé en bordure de forêt à Bruxelles, dans un bloc social. La façade a été construite avec les restes de l’exposition universelle. Mon voisin est un vieux monsieur qui crée des cabanes et des mobiles en bois de récupération. Il y a 2 mois il y avait encore une dame de 89 ans qui vivait en dessous de mon lieu de création, son appartement était le plus beau lieu d’art contemporain que je connaisse. On prenait parfois un petit porto à 10h du matin pour se réveiller et puis hop, au fourneau ! Malheureusement, elle nous a quitté mais sa superbe âme plane sur le lieu…

Vous avez pas mal d’amis dans le monde de la mode…

Mes amis sont très différents ! J’aime boire des canettes dans la rue, crier au foot, supporter Molenbeek et aller à la pêche en Pologne. Au détour de tout ça, j’ai rencontré des personnes qui travaillent dans le domaine de la mode et une amitié saine et très forte s’est créée ; je suis très fier quand je vois les chapeaux de mon ami Elvis Pompilio lors des grands défilés à Paris, je m’intéresse beaucoup aux créations de l’inimitable Véronique Leroy et je rêve en me plongeant dans le monde de Thierry Boutemy. J’ai aussi beaucoup d’admiration pour la Russe Ulyana Sergeenko, et j’ai bien accroché sur le quartier de créateurs turcs de Galata à Istanbul . Spéciale dédicace à tous les Sapeurs de Kinshasa et au training peau de pêche Sebago de Bruxelles.

Pourquoi la Russie est-elle aussi présente dans vos oeuvres ?

Récemment, j’ai entendu dire que la Russie était le pays le plus détesté du monde. Ça m’a fait rire ; les gens devraient se cultiver plutôt que de se prendre en photo avec leur smartphone ! Plus sérieusement, le sang russe coule dans mes veines au même titre que celui de Belgique ou de Pologne. J’aimerais parler de l’Afrique, mais ma culture vient du froid !

Êtes-vous nostalgique ?

Nostalgique de mon enfance où on allait dans les quartiers riches pour déposer des fumigènes dans les belles boîtes aux lettres en métal imitation cuivre.

Racontez-nous l’histoire de votre potager clandestin ?

Lors d’un voyage en Ukraine, j’ai rencontré un vieux monsieur qui jardinait en contrebas d’une route dans une petite vallée. Il nous a demandé d’où nous venions,nous avons répondu : « Bruxelles ». Sa réponse fut directe : “La France, la tour Eiffel, tout ça pour me voir moi et mon jardin !”. Cet évènement est resté dans un coin de ma mémoire et en rentrant, j’ai eu une envie de travailler la terre ! On a donc erré avec un ami et on a trouvé une parcelle de terre dans un endroit plutôt fréquenté. On a sauté la grille… Depuis, on mange des tomates et des cornichons d’Europe de l’Est et d’Asie que l’on ne trouve pas dans le commerce. Le graffiti n’est pas mort !

Quels sont vos projets pour 2013?

Mon projet chez Bodson-Emelinckx ou l’histoire d’un sale gosse qui travaille dans son coin et qui aime voyager sans payer le train . Aller en Russie de Moscou à Khabarovsk puis préparer un travail pour le Centre d’Art de Dudelange. J’aimerais aussi aller à Manille et Quezon city…

Marcin Sobolev, « Fils d’orphelin » du 6 juin au 6 juillet 2013, à la galerie Bodson-Emelinckx

 

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