Dans l’atelier de Julien Colombier

Art Design Workshop

Des fleurs, des plantes, des ornements végétatifs pour la plus grande majorité. L’artiste français Julien Colombier manie la craie avec brio. Sur fond noir toujours. La couverture qu’il signe spécialement pour nous en ce mois de mai ne déroge pas à la règle. En bonus, des images de notre immersion dans son atelier parisien et rencontre à vif avec l’artiste.

Par Marie Hocepied. Photos Oskar.

Comment bosses-tu ici? Après avoir bu mes 10 cafés sur la matinée, je vais à l’atelier en vélo. Je viens tous les jours, de préférence entre 12h et 20h mais ça commence et ça fini souvent plus tard. J’y reste jusqu’à ce que j’aie faim. Mais ça peut être complètement différent certains jours. Le mois dernier, c’était plutôt de 10h jusqu’à 3h du matin. La plupart du temps avec de la musique, c’est vraiment très inspirant pour moi. Je m’en sers aussi pour créer un rythme de travail. Selon les jours, ça peut être plus jazz ou plus hip-hop et puis parfois il y a le silence total. J’ai une colocataire qui partage avec moi l’atelier : chacun travaille de son coté. Et maintenant ma fiancée -Audrey Guimard- vient aussi travailler sur ses œuvres et ses photos. Je suis rarement seul.

Pourquoi les pastels? Je voulais trouver quelque chose qui se travaille comme la craie sur tableau noir et je suis devenu complètement addict. Je bosse sur un fond noir que je réalise moi-même pour que ce soit un noir très profond.

J’ai vraiment l’impression de poser de la lumière quand je dessine avec le pastel.

La matière est très belle. J’aime aussi le côté un peu rétro de ce médium.

Une œuvre phare? Il y a toujours une œuvre dont on est fier à un certain moment mais en général elle est vite détrônée par une autre plus récente… ça évolue tout le temps. Néanmoins, une œuvre que j’adore et dont je regrette qu’elle n’aie pas été plus vue était « Rock hard in a funky place” dans le cadre de l’exposition La dernière Vague à Marseille en 2013 (qui étudiait les rapports entre le surf/la skate culture et l’art contemporain). C’était un demi tube de 5 mètres de large dont j’avais repeint l’intérieur du sol en miroir, ce qui donnait un effet vertigineux. Elle est en plus assez compliquée à photographier.

Quel est le plus beau compliment reçu?  “Tu pourrais vivre de ton art tu sais”.

Peux-tu nous parler de tes futures collaborations?  Je viens de finir une quinzaine de grandes œuvres qui vont être imprimées pour habiller les vitrines du Printemps, boulevard Haussmann à Paris, à l’occasion des 250 ans de la marque Baccarat. Il s’agit d’une série sur des jungles colorées avec des ambiances différentes à chaque fois. Ce sera visible dans quelques jours et ça devrait être assez impressionnant.
En juin je pars en résidence à la villa Lena, à priori pour expérimenter des installations dans la forêt.
J’ai un projet avec Cartier pour des vitrines, un autre avec La Durée, un livre coffret avec les éditeurs de Plethora magazine (Danemark), des vêtements, des trucs encore secrets et pleins de nouveaux travaux.