Dans l’atelier de Joachim de Callataÿ

Mode Workshop

Il conçoit une chaussure quasi architecturale. Après un passage chez Maison Martin Margiela, le designer belge Joachim de Callataÿ -actuellement en place chez Lanvin- nous reçoit dans son studio de création à Pantin dans les environs de Paris où il officie aussi pour lui.

Texte Marie Hocepied. Photos Oskar.

D’où viens-tu? De la Cambre, je suis diplômé en Design Industriel. Je suis sorti en 2005. J’ai ensuite habité trois ans à Barcelone pour venir m’installer ici, à Paris.

Pourquoi la chaussure? Je suis passionné par l’architecture depuis toujours. Je connais un peu le monde de la mode, mais ce n’est pas ma grande passion. La chaussure ? J’y ai atterri un peu par hasard et ça s’est bien passé. J’ai lancé ma première collection en 2010. Au début, je me souviens avoir présenté trois paires à 5 boutiques et celles-ci les ont achetées.

Ton moteur? Ce qui me plait, c’est le travail dans l’atelier. Essayer de nouvelles techniques, faire des expériences. Le fait de les vendre, ça ne m’intéresse pas vraiment, même si c’est mieux évidemment ! Je veux produire 50 paires maximum par saison. Je suis également designer chaussure pour Lanvin quelques jours par semaine.

Fana de chaussures alors? Pas vraiment en fait. Une fois que la chaussure est finie, je m’en fous un peu. Ce qui m’intéresse c’est la recherche, la construction, trouver de nouvelles techniques, innover et ce n’est pas le fait qu’elle soit rouge ou bleue qui m’importe. Une chaussure est complexe, il y a un jeu de proportion et à chaque fois un défi à relever.

Tes marques préférées? Les Church’s. S’il ne devait y avoir qu’une seule marque de chaussures, ce serait celle-là ! Elles sont juste simples et parfaites. Et les Vans, j’en porte tout le temps.

Comment travailles-tu ici? Je viens souvent le dimanche seul. C’est hyper apaisant. Mon rêve est que cet atelier devienne une clinique de la chaussure. Je suis hyper maniaque. Rien ne doit traîner. J’ai commencé petit à petit en achetant une machine et avec les bénéfices j’en achetais une autre… Aujourd’hui, je veux que le studio reste à cette taille humaine.