Dans l’atelier de Charlotte Beaudry

Art Workshop

À l’aube d’Art on Paper, le salon du dessin d’art contemporain, l’artiste belge Charlotte Beaudry nous reçoit dans son antre entre travaux passés, et ceux en cours. Difficilement classable. Peut-être parce qu’elle n’aime mettre des mots, l’émotion en est d’autant plus palpable.

Interview Marie Hocepied. Photos Oskar.

Comment travailles-tu dans cet atelier? Je me lève assez tôt et je reste ici toute la journée, même si je ne crée pas. J’aime être seule. Les ateliers collectifs, ce n’est pas vraiment mon truc. Je suis distraite par le bruit et je peux très vite être tentée d’aller boire un café ou un verre en terrasse, par exemple. Je suis installée ici depuis 8 ans, depuis mon arrivée à Bruxelles. Je viens de Huy. Je reste la semaine à Bruxelles et j’y retourne tous les week-ends. Je me suis dit qu’il fallait que je bouge un peu pour rencontrer des gens et envisager de nouvelles perspectives. C’est un bon compromis. Cela me permet de faire une pause, de vivre à un autre rythme une partie de la semaine. Je n’aime pas l’urgence.

Art on Paper t’a fait revenir au dessin… Cela faisait déjà un moment que je n’avais plus fait de dessins. Quand la galerie Ioko Uhoda m’a contacté par rapport à cette foire, je me suis remise sur un tout autre projet.

Quel est le fil rouge? Tout découle de ce que j’ai fais avant. Une peinture répond toujours à une autre. Idem pour le dessin. À première vue, il s’agit de motifs et quand on s’approche on découvre autre chose, il y a un étonnement. Chaque motif évoque autre chose que ce qui n’est. Par exemple, il y aura un très grand dessin qui évoque un paysage de neige en noir et blanc, mais on s’aperçoit que ce sont en fait de grandes tiges qui sortent du papier. J’ai aussi réalisé des sculptures sur papier. À vrai dire, je ne sais pas comment je vais les montrer. Tout ça est encore un peu confus. Je me donne le temps. En parallèle, j’ai aussi un autre projet de céramique qui est une réflexion autour de la mémoire. On retrouvera quelques bribes de ce travail aussi.

Es-tu aussi à l’aise dans le dessin que la peinture? Non, j’ai vraiment du mal. Je dois en faire beaucoup pour arriver à ce que je veux. J’ai l’impression que mes dessins deviennent vite ringards ou font académiques. Je ne sais pas pourquoi.

As-tu toujours su que tu voulais être artiste? Mon père était peintre; sans doute était-ce la suite logique. J’ai toujours été entourée de peinture, musique, bouquin. J’ai arrêté par contre l’école très jeune, à 18 ans. Tout ce qui m’était imposé, m’était insupportable.  J’ai préféré avancer à mon rythme, prendre mon temps et apprendre en faisant des erreurs. Je suis autodidacte. J’avais 36 ans lors de ma première expo, je n’avais jamais montré mon travail auparavant, car je n étais pas sûr de ce que je faisais. Quand on est plus jeune, on peut vite être angoissé par les critiques. Aujourd’hui, elles ne me perturbent absolument pas. Je trace ma route.

www.charlottebeaudry.net

Art on Paper en collaboration avec le Bozar, du 11 au 13 septembre, 25 artists solo show, www.artonpaper.be